Severin’s Choice: Ovidiu Maitec


« L’histoire nous rapproche, nous fascine, nous bouleverse »

Entretien avec le sculpteur roumain Ovidiu Maïtec, réalisé en 2001 par Constantin Severin

« Ovidiu Maïtec , un nom dont la douce sonorité rappelle la surface soyeuse du bois, striée par des sillons de lumière crépusculaire.Après la disparition de quelques monstres sacres comme Eliade, Cioran, Ionesco, Culianu, Apostu, que je n’ai pas eu, malheureusement, l’occasion de connaître personnellement, je ne pouvais pas rater la rencontre avec Maïtec, un personnage shakespearien, un Hamlet de l’art roumain. D’emblée, j’ai été surprispar sa modestie, sa timidité et surtout par le contraste entre son âge (il avait alors 79 ans) et l’incroyable jeunesse qui émanait de son être : de la légèreté et la nonchalance des mouvements d’un corps agile jusqu’au « regard lourd de vibrations intérieures, prêt à plonger instantanément dans ses abîmes, d’où il tirait la sève de ses sombres flammes » (Extrait du roman « La bien-aimée d’Esto », Constantin Severin, éditions CurteaVeche, 2010 ).

Maître, vous êtes probablement, avec George Apostu, un des sculpteurs roumains les plus importants de la période post-Brancusi. L’élément commun à tous les trois est une vision de l’art que j’ai appelée, dans le catalogue d’une exposition à Venise, de l’expressionisme archétypal, une aspiration vers les formes essentielles, archétypales, quelques-unes renvoyant même au domaine des outils comme la vis du pressoir utilisée par Brancusi et surtout par Apostu dans son cycle bien connu « Papillons ». Quelle est votre place dans l’univers de l’art contemporain ?

Quoi vous dire, ce n’est pas simple de se placer dans un mouvement, une école, un courant artistique. Les notions que vous avez formulées me semblent bien vraies. Mais l’historien et le théoricien, l’amateur d’art me semblent bien plus compétents pour caractériser la création d’un artiste. J’ai pu penser, à plusieurs reprises, que l’élément omniprésent de ma création, regardée rétrospectivement, est le symbole. Mais je dis cela sous la condition d’une certaine réserve, puisqu’il m’est difficile de caractériser historiquement mon activité de création et je ne le souhaite pas d’ailleurs. Je suppose que l’historien, le théoricien, l’esthéticien vont le faire un jour. Concernant le symbole, je ne parle pas du symbolisme, bien sûr, ce mouvement artistique et esthétique dont j’ignore, d’ailleurs, s’il existe encore aujourd’hui. Il y a, de toute manière, un fil conducteur de mon activité, et cela est le mérite de l’école, de la tradition et de l’art roumain, qui trouve ses ressources loin dans le passé. Il s’agit de la civilisation d’une matière, le bois, celle dans laquelle nous vivons. C’est très beau, c’est impressionnant de me placer entre ces deux grands artistes que j’admire beaucoup, Brancusi et Apostu. C’est, bien sûr, l’histoire, la tradition et la civilisation du boisqui nous a placé dans ce contexte mais, en ce qui me concerne, je ne souhaite pas faire appel au folklore. Avoir recours au folklore c’est en quelque sorte se laisser un peu influencé, s’autoriserune petite imitation, flirter avec la tradition du monde où on est né. Or l’essentialisation de l’artest beaucoup plus que ça,Brancusi lui-même l’a démontré le siècle passé, et cela a été pour tous, pas seulement pour les Roumains, un repère très important.

Il est évident que vous avez dépassé le niveau folklorique dans votre art. Si nous pensons à quelques uns de vos motifs récurrents comme les orifices circulaires intégrés dansla structure de vos œuvres, ce qui suggère l’alternance du vide et du plein dans la philosophie orientale,je dirais même que vous êtes arrivé au stade de la méditation métaphysique, à l’essentialisation.

Il y avaitce sculpteur anglais qui admirait Brancusi, Henry Moore, qui excellait dans l’utilisation du vide, mais je me suis rappelé maintenant un moment important de ma vie. J’étais à Paris et un ami très proche, Constantin Tacou des « Cahiers de l’Herne », un éditeur français très important auquel j’étais lié heureusement par un lien de parenté, m’a présenté Mircea Eliade qui m’a dit : « Ah, j’ai vu vos œuvres. J’ai dit à Brancusi, dont les œuvres diffusent la lumière, d’essayer d’introduire la lumière dans la matière. Je pense que vous êtes sur le point d’atteindre ce stade important dans l’expression artistique ».

Ces vides dans vos oeuvres sont en fait des portes vers la lumière ?

Oui, ils introduisent la lumière dans la matière. J’ai accompli cette aspiration que Mircea Eliade avait formulée. Il avait vu déjà mes œuvres à Paris, au Musée Rodin, en 1971 et c’est alors qu’il m’a fait ce compliment. Il a publié également en 1985 un texte sur mon œuvre dans la revue « XXe Siècle », texte repris dans le catalogue de l’exposition de la Salle « Dalles ». J’ai voulu, à ce moment-là,une exposition d’envergure bien que ce n’était pas très facile de l’organiser. A vrai dire je ne peux pas dire que j’étais persécuté ; chacun faisait, en réalité, ce qu’il voulait et assumait les risques.

Vous avez connu George Apostuà Paris ou à Bucarest ?

J’ai connu George Apostu quand il était étudiant. J’ai été autrefois professeur d’anatomie artistique à l’Académie d’Art. Il était très jeune, nous nous fréquentions et nous nous appréciions l’un l’autre. Il était plus jeune que moi et débordant d’une vigueur exceptionnelle.


Vous travaillez depuis plusieurs années à un cycle d’œuvres intitulé « Oiseaux ». Un événement malheureux vous a fait vivre vous-mêmele mythe de Phénix. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Je n’aime pas m’en rappeler. Enfin, pendant le Révolution de 1989, la veille du 24 décembre, je me trouvais dans mon atelier au moment précis où des feux s’y sont croisés, un provenant de la Télévision et l’autre d’une autre source que je ne connais pas. L’atelier a brulé en entier et tout ce qu’il y avait dedans avec. C’était très dur, beaucoup de mes œuvres ont brûlé, malheureusement, cette nuit-là, ainsi que ma correspondance avec une personne très importante, un Anglais qui avait connu Brancusi et tout ce que j’y avais accumulé pendant trente ans.

Vous avez tant souffert,si j’ai bien compris, que vous n’avez plus travaillé pendant un certain temps.

C’était, sans aucun doute, un moment très difficile, mais j’ai eu la sagesse de me rapporter à des événements beaucoup plus graves, pus douloureux, ce qui m’a aidé à équilibrer un peu mon état d’âme. La Bibliothèque Nationale brûlait sous mes yeux, des morts gisaient devant moi…j’assistais à des drames plus importants que le mien.

Lors de l’exposition actuelle au Musée National d’Art vous exposez avec votre épouse, Sultana. Sa peinture, réalisée dans une technique minimaliste, avec peu d’éléments graphiques mais une forte luminosité et une grande richesse chromatique se trouve en consonance avec vos œuvres. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire de votre partenaire de vie ?

Nous sommes deux personnes qui avons cohabité d’une manière très heureuse sur deux plans importants : celui moral et celui spirituel, professionnel. Nous nouscomplétons l’un l’autre sur le terrain de l’art sans nous entrecroiser. Notre complémentarité expressive saute aux yeux, c’est pour cela que nous avons pensé à intituler l’exposition « Du bois et de l’or », deux matières essentielles. Ses œuvres ont une nature plus méditerranéenne que les miennes, d’un esprit plus nordique. Elle est attachée peut-être à l’aspect lumineux d’un art byzantin ancien, hérité par la spiritualité roumaine alors que moi je suis plus tendu, plus shakespearien dans ce que je fais. Cette manifestation arrive après une exposition que nous avons eue àl’Institut Culturel Roumain de Paris quinous a servi de répétition. Alors que nous n’avions pas l’habitude d’exposer ensemble, comme mari et femme, nous avons conclu finalement que cette juxtaposition de deux visions artistiques peut être très expressive. Nous avons exposé, ensuite, dans ma ville natale, Arad et dans une autre ville qui nous est chère, Oradea; c’était presque une répétition générale pour cette exposition. Celle-ci se veut non pas une simple présentation de ce que nous avons fait jusqu’à présent, mais une vraie composition, tel un compositeur ou un poète qui conçoit son oeuvre. Nous somme très contents de la manière dont elle a été composée, avec une structure presque classique de l’ensemble, avec introduction, développement et conclusion. C’est, je crois, la qualité de notre exposition.

J’ai remarqué que l’histoire,les symboles comme ceux du cycle « Trônes » ou même les poèmes médiévaux sont des sujets qui vous préoccupent. Est-ce que la période du Moyen Age vous fascine ?

Vous savez, l’histoire nous rapproche, nous fascine, nous bouleverse tous. Nous en avons besoin et moi, en ce qui me concerne, je m’y suis attaché d’une manière presque programmatique,vivant intensément les sentiments communs du monde dans lequel je suis venu. Je cherche toujours le sens primordial de l’histoire de mon peuple. D’autre part, je fais attention, quand je travaille, de ne pas tomber dans le pathétisme ou dans les phantasmes historiques et je défends ma rigueur par ces symboles qui représentent la quintessence de ce monde dans lequel j’évolue. Les grands thèmes de mon histoire sont des thèmes généraux. Tout le monde fait appel au thème historique, je possède probablement, quant à moi, un certain penchant naturel vers ce type de symbole, ce qui procure la force de mes objets artistiques.

Ce qui vous relie à Brancusi et Apostu est, je pense, un procédé utilisé fréquemment dans l’art majeur du siècle passé, le sérialisme, la reprise de motifs fondamentaux dans des œuvres exécutées pendant une longue période de temps.

Tous les créateurs ont, à un moment donné, un leitmotiv, une obsession, une passion ou un projet; c’est mon cas aussi. Parfois ils se sont répétés, chez mon épousé également.Un des premiers éléments, en ce qui me concerne, a été la charnière,cette articulation entre deux parties, élément emprunté à la fois à la nature et à l’intelligence humaine. Il y a eu après la période desbalancesou celle des structures, d’un constructivisme qui oscille entre abstrait, réalisme et fantastique. Nous, les praticiens de l’art, nous créons cette métamorphose, cette symbiose des choses presque sans le vouloir. Nous ne voulons pas trahir par des explications, par des mots, cetalent que nous avons d’engendrer des choses.

Quels ont été les maîtres de l’art universel qui vous ont ébloui à vos débuts ?

En tant qu’étudiant, il y a cinquante ans, j’avais, avant tout, l’exemple des trois grands de la sculpture roumaine, Jalea , Medrea , Han . Je découvrais, ensuite, les fameux Rodin, Bourdelle, Maillol, Despiaux de l’école française. Plus près de nous il y avait l’Yougoslave Mestrovic, qui avait fait en Roumanie trois œuvres exceptionnelles. Depuis le moment où j’ai pu faire le tour du monde et connaître les sources premières, celles de l’antiquité grecque, égyptienne et aztèque, j’ai eu la force de synthétiser. Je me suis détaché de la figuration lors d’un moment plus difficile, une sorte d’inquiétude douloureuse que j’ai ressentie en travaillant au monument Eminescu pour la ville de Cluj et que j’ai ressentie ensuite à Oradea, un sentiment qui m’a poussé à quitter ces monstres sacrés et à trouver la source plus profonde, plus authentique et plus personnelle de ma création.

Avez-vous connu le maître Ion Irimescu, le patriarche de la sculpture roumaine, qui a fêté cette année ses 98 ans ?

Etant donné ce qu’il a fait, étant donné son âge, j’ai une grande admiration pour cet artiste. Nous nous connaissons depuis cinquante ans, depuis que j’étais, moi, un débutant et lui, un artiste en pleine gloire, en pleine ascension. La vie artistique roumaine est très connectée à la personnalité de cet artiste, qui est traité avec le respect qui lui est dû.

Qu’est-ce que les célèbres monastères du Nord de la Moldavie, de Bucovine, représentent pour vous ?

Elles représentent une fierté nationale et quand on vit dans la poussière des champs on ne peut que rêver de l’air, de la lumière et de la beauté d’un tel coin divin. Les valeurs que l’histoire a créées à cet endroit sont uniques, ces monuments universels de la Bucovine et du Nord du pays sont un don d’inspiration divine. J’espère que le nouveau millénaireles berce et les porte dans ses bras pleinement conscient de leur entière valeur.

Est-il aussi difficile maintenant qu’il y a 100 ans de s’affirmer à Paris en tant qu’artiste plasticien ?

Paris est aussi saturé, aussi accompli artistiquement que l’attention se porte maintenant vers l’Amérique, le Japon, l’Allemagne, etc. J’ai exposé à Paris plusieurs fois, tous les artistes rêvent de s’épanouir dans cette métropole exceptionnelle. Je l’ai connue, j’en ai gouté de sa chair, nous n’avons pas vraiment partagé, Paris et moi, un repas de fêtes. Croire, en tant qu’artiste, que Paris ou une autre métropole n’attend que toi pour te pousser à te réaliser est une grande chimère.

Qu’est-ce que vous pensez des derniers expérimentations dans l’art : des « performances » aux « sculptures » du bulgare Christoqui consistent à emballer des superbes paysages montagneux, de l’art multimédia ou autre, des expérimentations à qui on réserve une place de plus en plus consistante, comme par exemple lors de la Biennale de Venise ?

L’âge me donne déjà la sagesseet moralement,indifféremment de mes sentiments les plus intimes, je les regarde comme quelque chose d’absolument naturel qui parfois peut même me fasciner. J’ai fait pareil dans ma jeunesse et je peux réaliser, grâce à mon professionnalisme et à mon intelligence, que certains phénomènes sont inévitables, doivent impérativement se produire. Si vous parlez de Christo, avec ses empaquetages pleins de fantaisie, essayez de penser aussi au soutien qu’il a et grâce auquel il peut se procurer des millions de mètres de ficelle et d’emballageplastique, mais ça c’est uneautre histoire. Il a réussi à s’imposer, il est un artiste reconnu. Le phénomène est obligatoire, il va, nécessairement, se produire. Je suis un homme relativement présent dans ce monde, tout en gardant une certaine distance, puisque je ne cherche plus la nouveauté à tout prix et je souhaiterais pour nos jeunes artistes qu’ils essayent d’apporter leur propre contribution et qu’ils cessent d’imiter, avec un retard de quatre, cinq ans, ces artistes en vue. Dans ce dernier cas, le monde ne peut que nous ignorer, mais si nous venons avec quelque chose d’original, d’expressif, il sera amené à nous regarder. C’est ce que je souhaite au mouvement artistique roumain. Je les regarde, je les salue, je ne suis plus professeur pour les encourager, je ne suis plus très proche d’eux, je ne les connais plus très bien, je les aperçois de temps à autre, mais je reste convaincu que l’authenticité et l’originalité restent les seules clés de la vérité artistique.

Quels souvenirs gardez-vous de vos participations à la Biennale de Venise ?

J’ai participé quatre fois à la Biennale de Venise, en 1968, 1972, 1980 et 1995 et j’ai été invité à un moment donné à exposer au Palais des Doges ; j’y étais donc assez présent. En 1968, quand j’y suis allé pour la première fois, le phénomène était en pleine ébullition. La présence à Venise a consolidé et bouleversé dans le même temps non pas mon travail de conception, mais les éléments même qui composent la mentalité et la pratique d’un artiste. Après avoir vu 100 sculptures représentant tous les continents et toutes les époques, après avoir reçu cette leçon extraordinaire qui consiste à voir ce qui a été fait dans l’histoire de la spiritualité humaine depuis les débuts jusqu’à nos jours et après avoir éprouvé un sentiment d’authentique fierté à la vue d’un Brancusi, j’ai trouvé le fondement de ma connaissance actuelle de l’art qui est pour moi inébranlable.

De quels autres grands créateurs roumains à l’étranger vous êtes-vous senti attiré ?

Parmi ceux dont je me suis senti lié à Paris c’étaient Ion Vlad, qui a été le chef de file d’une génération de sculpteurs, George Apostu et Victor Roman. J’ai connu ces trois artistes de très près et je les affectionne beaucoup. Toujours parmi les grandes figures de la spiritualité roumaine en exil je voudrais citer surtout HoriaVintila et, lié à ma profession, Horia Damian, ce peintre, constructeur, architecte exceptionnel. J’ai vu récemment quelques-unes de ses œuvres qui étaient magnifiques.

Quelles autres passions spirituelles avez-vous ?

Il y a au moins deux choses que je regrette énormément : le fait de n’avoir pas été initié à la connaissance de la musique et des mathématiques. Si c’était le cas, j’aurais eu la chance de devenir un artisan plus complexe. Je suis conquis par le pouvoir de métamorphose et par la rigueur de la musique. Si tous les autres arts font appel à une sorte d’illusion, la sculpture avec ses trois dimensions et la musiqueavec sa spatialité et sa sonorité me semblentapparentées. Je suis proche de la littérature également, spécialement de la poésie, je devrais aimerle théâtre mais j’aime plutôt lire les œuvres dramatiques que les regarder; je ne le dis pas pour me vanter, cela n’est pas mon mérite.J’ai choisi de me consacrer totalement à la sculpture plutôt que de cultiver un ou l’autre de ces arts, mais je peux les expérimenter d’une façon intense et authentique si j’y suis amené.

Qu’est-ce que vous attendez de la Roumanie du futur ?

Oh, ma Roumanie adorée, tantôt je l’aime tantôt je l’agonise d’injures. Tout le monde autour de moi parle maintenant de corruption. Eh bien, moi je rêve d’une corruption positive. Oui, j’attends l’avènement d’une corruption positive en Roumanie.

Dans la lignée de Constantin Brancusi, Ovidiu Maitec a marqué le xxe siècle par la modernité de son art. Il est l’un des rares artistes roumains à pouvoir voyager à l’étranger durant l’ère communiste alors que l’Europe est coupée en deux. Il peut ainsi montrer plusieurs fois son travail à la Biennale de Venise en 1995, symbole de sa consécration. mais aussi aux festivals internationaux d’art contemporain d’Édimbourg et de Bilbao.

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About Constantin Severin

Constantin Severin (constantinseverin.ro) is a Romanian writer and, as a visual artist, the founder and promoter of the award-winning concept known as archetypal expressionism. He is the author of eight books of poetry, essays, and novels, and his poems have been published by major Romanian and international literary magazines. He is one of the editors of the French cultural magazine Levure littéraire.
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